Les Trois Pasteques

LES TROIS PASTÈQUES


C’était jour de foire des commerçants déballaient leurs marchandises
Montreurs de singes conteurs, guérisseurs, herboristes, arracheurs de dents et charlatans s’installaient sans hâte sur la place. Une femme au visage dévoilé en poursuivait une autre plus jeune qu’elle en hurlant des injures d’une

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voix éraillée et menaçante. Quand elle parvint à la rattraper, elles s’empoignèrent devant la boutique d’un imposant marchand de tissus. Le boutiquier qui trônait assis en tailleur au milieu de ses pièces d’étoffes se redressa calmement se fraya un passage entre les coupons pour les séparer. Peut-être les connaissait-il puisqu’il parvint à retenir la plus âgée tandis que l’autre se fondait déjà parmi les badauds.
À quelques pas seulement devant eux, au milieu d’un petit cercle de curieux, un Aïssaoui, cheveux longs, torse nu, trapu, musclé, les yeux parcourus d’étincelles, haranguait les passants en vociférant :
– Dans les mallettes que vous voyez là Ô ! Enfants de la foi du prophète, dans cette mallette se trouve un serpent redoutable, en possession de tout son venin… et savez-vous ce que ce serpent abrite dans sa mémoire ? Non! Vous ne le savez pas. Il abrite l’histoire sans cesse répétée du genre humain. Et qui donc la mène cette histoire depuis son début ? Vous le savez ? Non ? Oui vous le savez ! Ce sont les femmes. Dieu nous les garde quand elles sont vertueuses et aimantes, mais Dieu nous en garde quand pareilles au serpent, leur langue porte le venin qui parfois empoisonne notre vie.
Une fillette qui lui servait de partenaire se hâta d’ouvrir la malette et chacun aperçut le terrible reptile, un cobra énorme qui bondit et se dressa sur le sol, dansant, sifflant, menaçant. La fillette fit un bond en arrière pour éviter d’être mordue. Tandis que le serpent tenait l’attroupement sous sa fascination, l’homme poursuivit :
– Et que voyez-vous là, mes frères ? Une cruche. Et dans la cruche, que peut-il y avoir ? De l’eau …oui de l’eau mais pas n’importe laquelle. De l’eau plus précieuse que les saphirs, plus pure que les larmes, une eau dont une seule gorgée suffirait à étancher la soif d’un chameau, dont une seule goutte peut inspirer le désir au vieillard résigné. C’est de l’eau qui jaillit d’une source au coeur même de la soif, aux confins des montagnes glabres et du désert, dans une grotte connue des seuls élus de Dieu, à proximité du lieu où repose Sidi Aïssa, notre protecteur vénéré. Une eau, vous dis-je, dont trois gouttelettes font en quelques secondes, d’une petite graine, un arbre plein de fruits. Vous allez assister et participer, mes seigneurs, et vous, mes princesses, à l’accomplissement d’un prodige qui a troublé savants, érudits, juifs et musulmans. La petite va passer parmi vous, offrez-lui une piécette… comme chacun voudra, selon sa fortune… Et pour votre généreuse contribution, vous allez voir ces trois pépins de pastèque qui sont là dans ma main, devenir miraculeux, comme dans les prochains jours, vous verrez se multiplier dans votre maison, des pièces d’or.
Chacun s’exécuta humblement et la fillette remit au sorcier l’écuelle remplie de pièces de monnaie qu’il déversa machinalement dans un petit sac en peau qu’il portait en bandoulière, sans interrompre son discours :
– Faites silence, messieurs et mesdames, concentrons-nous afin de nous recueillir pour demander son aide au tout-puissant. Mais pendant que vous priez, je vous en conjure, mes frères, mes soeurs, ne quittez pas le serpent des yeux. Celui-là même qui se dresse et danse devant vous, notre vieil ennemi, seul votre regard l’empêchera de s’opposer au prodige qui va suivre…
Dans l’assistance, les uns présentèrent leurs mains au ciel pour les porter à leur front et les embrasser, les autres se tenaient immobiles recueillis mais tous fixaient le serpent dressé, subjugués par son oeil noir.
La fillette faisait des petits bonds, l’homme secouait ses longs cheveux bouclés, gesticulait en proférant des paroles inintelligibles devant le cercle hypnotisé.
Sous les traces des pieds de la fillette, par trois fois, avec son poignard, l’homme creusa trois trous dans la terre battue. Dans chacun des trous il plaça un pépin de pastèque qu’il recouvrit d’un peu de terre. La petite lui tendit la cruche, il la prit, se lança dans une incantation qui agissait comme un charme sur l’assistance, tout en arrosant chacun des pépins.
La fillette s’empara d’un encensoir d’où se dégageait un nuage de fumée qui répandait un parfum de bois de santal et l’instant coïncida avec l’heure de la prière puisqu’on entendit
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s’élever la voix puissante du muezzin de la mosquée, toute proche. Pendant que la petite comme possédée, tournait en bondissant avec l’encensoir, trois plantes chétives apparurent au-dessus des trous. En quelques battements de cils, les plantes se délièrent, devinrent vigoureuses et trois belles fleurs jaunes apparurent alors. Tandis que la fillette continuait de les enjamber avec frénésie, les grands pétales jaunes s’étirèrent largement avant de commencer à se replier lentement sur eux-mêmes. Puis les fleurs s’arrondirent, se mirent à gonfler et se changèrent en trois boules blanches qui peu à peu se colorèrent d’un vert de plus en plus foncé pour devenir soudain trois belles pastèques. L’homme comme possédé poussa un cri se mit à bondir brandit son poignard et fendit coup après coup les trois pastèques d’où sortirent trois femmes: une vieille, édentée, au visage ridé comme une figue, puis une fort belle femme qui sourit de tout l’or de ses dents en criant : « Rendons grâces à Dieu ». Enfin apparut une jeune fille, qui entreprit une danse terriblement sensuelle autour du serpent qui se redressa et se mit à danser comme pour imiter les ondulations du ventre de la jeune fille.
– Voilà ! Mes frères, voilà ! Le miracle s’est accompli avec vous, sous vos propres yeux… voyez cette femme qui a tous les âges puisqu’elle les a tous connus, elle représente la Vieillesse, que je respecte, car le respect des anciens est la mémoire du monde. Je la voudrais aussi, la vieillesse… Mais si elle doit m’isoler du monde en me privant de la Raison, alors je n’en veux point … Fais ce que bon te semble Vieillesse et passe ton chemin. La vieille, petite et frêle, émit un gémissement pénible, fendit le cercle de curieux et s’éloigna tandis qu’il présentait déjà l’autre femme :
– Celle-là, c’est la Beauté même. L’homme qui n’est pas amoureux de la beauté mérite-t-il la vie que Dieu nous donne à tous ? Et comment la refuserai-je cette beauté si la chance vient me l’offrir, à moi ? Mais qu’elle s’écarte de ma route si elle cherche à me faire perdre la Raison ». La femme fit un grand sourire tout en or et à son tour, comme indifférente, elle fendit le cercle et s’éloigna.
L’homme secoua sa longue chevelure d’un air courroucé et enchaîna en se tournant vers la jeune fille :
– Elle, c’est la Jeunesse, je la connais, je l’ai bien connue, sous ses airs d’innocence. Elle est souvent cruelle et, pour un caprice, elle effacerait le chemin même de la Raison. Alors mes frères ? Je vous demande que faut-il faire en ce monde ? Personne ne veut répondre ? .
Tandis que la jeune fille continuait de danser devant le serpent envoûté, il fit signe à la fillette de repasser avec l’écuelle et reprit :
– La Vieillesse n’est que le désir fou de faire reculer la mort, la Beauté n’est que l’ivresse d’un instant qui nous fait oublier la mort, quant à la Jeunesse, elle seule, dans sa folie, s’autorise à ignorer et même à défier la mort. Et la Raison dans tout cela ? Me direz-vous. La Raison, mes amis, c’est seulement la tentation de la folie qui est la nôtre, pauvres créatures que nous sommes!
Pol Serge KAKON – Mars 1998

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